C’est décidé, pour Noël 2012, je voudrai un robot sous le sapin. Pas un lapin nabaztag ou un chien Aibo. Un vrai ! genre androïde à tout faire.
Il y a un an, je découvrais la société Aldebaran Robotics lors d’une flânerie sur le web. Quelle révélation ! une société française bien de chez nous, à la pointe de la robotique appliquée ! Que de chemin parcouru depuis Metropolis, le film de Fritz Lang mettant en scène un robot (Maria) pour la première fois au cinéma, c’était en 1927. Vous ne trouvez pas qu’elle a un air de ressemblance avec C3PO ?
Ca m’a réveillé de vieux souvenirs… A l’époque où le mail et l’Internet étaient encore réservés aux labos de recherche, je faisais mon stage de fin d’étude à l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique. C’était en 1990 et ça se passait à Sophia Antipolis (il y a pire en tant que stagiaire). Avec un camarade, nous devions concevoir la carte électronique de commande de la tête d’un robot.
Au niveau look, rien à voir avec les têtes d’humanoïdes des robot actuels, c’était juste trois micro-caméras plantées sur une perche en alu, lui-même plantée sur une plate-forme motorisée à roulettes. Une unité centrale (genre PC) et une bardée de capteurs géraient l’ensemble.
N’empêche, avec çà, le robot était capable d’interpréter son environnement en 3D tant bien que mal grâce à moult algorithmes mathématiques de vision qu’on lui transfusait. Je dis tant bien que mal, car l’un des premiers objectifs du labo, c’était que le robot sache identifier de lui-même une porte dans une pièce et la traverser tout seul. Des impacts dans les murs, il y en avait….Quand il y arrivait, on était tous comme des fous.
Olivier Faugeras, notre directeur de stage à l’époque, était et reste une grande pointure internationale dans le domaine de la vision artificielle et quelqu’un d’abordable en même temps. En consultant son parcours sur le web, je vois que parmi ses recherches actuelles, il y a la reconstruction 3D de l'activité du cerveau humain à partir de mesures magnétiques (MEG) ou électriques (EEG) et son utilisation pour comprendre la perception visuelle: la neuroscience computationnelle. Ca calme !
Bref, revenons à nos moutons : j’ai retrouvé un numéro de Géo datant de février 2007, intitulé « Le nouveau Japon ». Un très bon reportage sur la situation actuelle des recherches en robotique, fait état des avancées fulgurantes en la matière.
On y raconte aussi que dans moins d’un siècle, le Japon aura perdu la moitié de sa population. Ce qui pousse ce peuple à avancer activement dans la mise au point de robot « user friendly », serviables et aussi humains que possible. Et comme le shintoïsme considère que tout objet possède également une âme, le robot peut être plus qu’une machine : il peut être l’ami de l’homme.
Visuellement, ça m’a fait un choc. On y croise des androïdes qui, il y a 20 ans seulement, relevait du fantasme de films de science-fiction. Z6PO chez vous, n’est (presque) plus un rêve de cinéma. Il pourra vous donner des leçons de langues ou de math, faire le ménage, envoyer des mails que vous lui dicterez, recevoir vos invités (la classe !) et pendant vos vacances, surveiller votre appart.
En attendant 2012, date annoncée par le gouvernement japonais pour le lancement d’androïdes opérationnels chez les particuliers, j’ai relevé ces quelques projets significatifs :
Wakamaru
Ce petit robot humanoïde à tout faire de Mitsubishi a été conçu dans les années 70. Il mesure 1m, pèse 30 kg et se déplace sur des roulettes. Il connaît 10000 mots, peut aller chercher de l'information sur internet, peut émettre un appel sur réseau mobile, reconnaître des visages. Il se repère dans le temps et l'espace. Mitsubishi les utilise comme hôte d’accueil pour ses visiteurs. Il leur demande l’identité, prévient la personne visitée par mail puis le conduit à la salle d’attente. Il n’est pas en vente pour usage personnel selon le site officiel (malgré la photo alléchante) mais Mitsubishi les loue pour des événements (salons, foires…). Plus d’une centaine d’exemplaires ont été produites à ce jour.
Asimo
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Asimo en est à sa 4ème génération. Il mesure 1,30 m et pèse 54 kg. Lancé en 2000 par Honda, il s’agissait principalement d’un robot de recherche, destiné peut-être un jour à la commercialisation. En attendant, vous pouvez le louer pour la modique somme de 170 000 $ par an.
Lors de ses améliorations successives, le robot Asimo a acquis des facultés de plus en plus avancées : possibilité d’attraper des objets complexes, de courir à une vitesse de 6 km/h sur une petite distance, de courir à 5 km/h en suivant une trajectoire circulaire d’un rayon 2,5 m, de serrer la main d'une personne sans la lui écraser, de distinguer les voix et les bruits parasites, de reconnaître un visage et de se connecter à Internet pour trouver une information. Son intelligence artificielle lui confère une interactivité avec les êtres humains et son environnement: il peut ainsi saluer une personne qui s’approche, s'adresser à elle par son nom, la suivre, tenir sa main en marchant avec elle, pousser un chariot de 10 kg ou porter un plateau sans renverser les objets dessus.
Ma foi, je trouve qu’il a une petite bouille sympathique avec son joli sac à dos (renfermant l’ordinateur qui le contrôle). Malheureusement, comme bien souvent dans la high-tech, on n’a toujours pas trouvé la batterie miracle, compacte avec une autonomie digne de ce nom. En marchant, ses batteries se vident en moins d’une heure. Mais dans sa dernière version, il va aller se recharger tout seul. Elle est pas belle la vie ? HRP2 (Humanoïd Robotics Project)
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Du lourd ! Le robot HRP-2 a une stature de guerrier, n’est-il pas ? Il mesure 1,54 m et pèse 58 kg avec les batteries. Développé par Advanced Industrial Science and Technology (AIST) et Kawada Industries au Japon (tiens ?!), un exemplaire a été exporté pour la première fois en France sur un site du CNRS à Toulouse, pour des recherches au sein d’une dizaine d’équipes françaises. Il a 30 degrés de liberté (30 moteurs contrôlés). En regardant la vidéo ci-dessus, on comprend mieux. Enfin, le robot a une main spécifique dotée d'un mécanisme de pince pour saisir les objets.
Là encore, on ne peut que loucher dessus mais pas l’acheter. Il sert principalement à la recherche fondamentale, comme l’amélioration des aptitudes physiques et de capacité de raisonnement : marcher sur des surfaces irrégulières, contrôler sa chute, se lever après être tombé, interagir avec les humains dans des espaces ouverts…
Ca me donne toujours l’impression des concept-cars. On dirait que le produit est bon-pour-mise-sur-le-marché mais non ! A noter que le logiciel, qui contrôle les mouvement du robot, est basé sur la plate-forme open source OpenHRP (Open Architecture Humanoid Robotics Platform). Il est ouvert et accessible gratuitement à partir du site de l'AIST. Un article complet à lire sur ce lien.
Nao
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La liste des réjouissances est longue, mais j’en terminerai avec la société française Aldebaran Robotics (cocoricooo !) , qui nous prépare un avant-goût du futur avec un produit abouti et qui a été présenté en Janvier dernier à Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique).
Cette société a créé le premier robot humanoïde européen, haut de 57cm, il pèse 4 kg, possède 23 degrés de liberté (dont cinq pour les jambes et les bras, deux pour la tête, un pour le corps), il voit en couleur, entend grâce à deux microphones, parle et se déplace. Ses batteries rechargeables lui donnent une autonomie de deux heures. Les premières livraisons en 2007, ont principalement été destinées à des laboratoires de recherche, pour effectuer leurs propres travaux en matière de robotique. En effet, le dressage reste encore une tâche qui nous incombe (encore heureux). Pour cela, des liaisons wi-fi, USB ou ethernet permettent de le programmer via un ordinateur avec le langage de son choix (C, Matlab, Ruby, Perl, Python, Urbi et Microsoft Robotics Studio).
Très récemment, la société était en recherche d’un chef de produit marketing, signe qu’un déploiement vers le grand public est en préparation ( ?)… A surveiller de près.